La Réconciliation

(La conversion) (Le pardon)

 

Chers amis,

au jour de votre baptême, vous avez reçu en vous le don de la vie de Dieu, vous êtes devenus chrétiens. Ce trésor qui est déposé en votre coeur, qu'en faites-vous?

Le temps du Carême nous invite à prendre au sérieux notre baptême, à en découvrir toute la richesse de vie et toute la joie. Pendant 40 jours, depuis le Mercredi des Cendres, tous ensemble, nous prenons les moyens que le Christ nous propose pour nous convertir et nous préparer à accueillir en nous la vraie joie de Pâques.

Le temps du Carême nous permet de découvrir que le Christ marche avec nous pour nous conduire sur le Chemin de la Vie, du Bonheur. Le Christ croit en vous, même quand vous doutez de vous; il n'a qu'un désir, vous montrer le chemin du bonheur, vous aider à bâtir votre vie solidement, vous aider à aimer en vérité. Pour cela, il veut nous rendre libres, libérer notre coeur de tout égoïsme, de toute peur, de toute haine. Il veut votre confiance, votre amitié. Quelle sera votre réponse?

Si vous acceptez de répondre sans réserve, si dans le Sacrement de Réconciliation, vous ouvrez votre coeur à la miséricorde de Dieu, si vous choisissez de vivre pleinement ce Carême, si vous découvrez ce que sont le Jeudi Saint, le Vendredi Saint et le Samedi Saint, alors le Christ vous comblera de sa joie au matin de Pâques.

Ces lignes sont faites pour soutenir cette marche vers Pâques que nous allons vivre ensemble.

Nous prendrons comme fil conducteur de notre réflexion la Parabole du fils prodigue (Lc 15,11-32).


La conversion

 

Le baptême nous ouvre un chemin de conversion, chemin qui se poursuit tout au long de la vie. La conversion, c'est fonder toute notre existence, sur le Christ, c'est choisir notre trésor ("là où est ton trésor, là est ton coeur"). C'est faire de chaque minute de notre vie un don par amour. C'est choisir le Christ chaque jour, dans la joie comme dans l'épreuve.

Cette conversion s'enracine dans la découverte de l'amour particulier de Dieu pour nous, et elle se vit dans la connaissance sans cesse plus profonde de cet amour fidèle, attentif, miséricordieux et prévenant de notre Père. C'est un amour qui nous précède et qui nous enveloppait alors même que nous vivions loin de Dieu.

C'est alors que notre péché apparaît pour ce qu'il est profondément : Face à cet amour fidèle, face à la confiance extraordinaire que Dieu nous fait, face à la grandeur et à la beauté de la mission qu'il nous a confiée, notre péché n'est pas d'abord une affaire de morale, mais beaucoup plus profondément, il touche et blesse notre relation à Dieu, il nous sépare de l'amour paternel de Dieu, il nous replie sur nous-mêmes. "De même que le sarment ne peut pas de lui-même porter du fruit, sans demeurer sur le cep, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez en moi" (Jn 15,4)

Le petit enfant qui a fait une bêtise ou qui a menti à ses parents est triste et malheureux non pas tant de la bêtise que d'avoir blessé cette relation d'amour qui l'unit à ses parents et dont il a un besoin vital. Et il ne sera soulagé que quand il l'aura dit à ses parents et qu'il aura fait la paix avec eux. Il en est de même pour nous. Nous avons autant de mal que cet enfant à dire : "j'ai fait ce qui est mal" et pourtant nous en avons le même besoin.

Il faut faire de toute faute un rebondissement vers un plus grand amour. G. de Larigaudie


Le pardon

Nos péchés sont un manque d'amour et blessent notre coeur. Le pardon de nos péchés est le fruit de l'amour le plus grand qui soit : "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis." C'est par la passion du Christ, sa mort sur la Croix qu'il nous a obtenu le pardon de nos fautes. C'est donc par la Croix du Christ, par l'amour et le don total du Christ que nous sommes pardonnés.

L'apôtre saint Pierre nous le dit avec toute la force de sa propre expérience du pardon de Dieu : "C'est pour nous que le Christ a souffert, il nous a montré le chemin, pour que nous suivions ses pas. Lui qui n'a pas commis le péché... c'était nos péchés qu'il portait dans son corps sur le bois, afin que morts à nos fautes, nous vivions pour la justice. C'est par ses blessures que nous sommes guéris". (1 P 2).

Le pardon est la preuve suprême de l'amour de Dieu. Il nous révèle la grandeur de l'amour paternel de notre Dieu, un amour qui face au péché devient miséricorde. Regardez comment s'exprime la miséricorde du Père : Tandis que son fils était encore loin, son père l'aperçut et fut pris de pitié; il courut se jeter à son cou et l'embrassa tendrement. Le père attend patiemment le retour de son fils, il le guette. Puis lorsque le fils arrive, le Père ne le laisse même pas tomber à ses pieds, mais c'est lui-même qui court à sa rencontre et le prend dans ses bras. Ainsi fait Dieu avec nous. Sa miséricorde dépasse la justice, elle est la surabondance de son amour.

Le pardon donné dans le sacrement de réconciliation ne se limite pas à l'absolution de nos fautes mais il nous donne également la force d'une plus grande fidélité, établit nos coeurs dans la paix et la joie, et fait grandir en nous la connaissance de l'amour du Père.

"Mes frères, pour être guéris du péché, regardons le Christ crucifié.
Le Christ n'est-il pas la Vie? Et pourtant le Christ est en croix;
Le Christ n'est-il pas la Vie? Et pourtant le Christ est mort,
... il est mort pour nous donner la Vie"

Saint Augustin.

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